Ben vouélâ, j'écris des poèmes à "temps perdu" quand l'inspiration débarque sur le pont.
Un soir, assise sur une chaillze, me suis dit-je à moi-même <<... qu'il faudrait que je les passe au "batte" un jour! >>
Le jour du soir est donc venu, sans queue ni tête, et, à la demande d'Alterpsychum II (fidèle lecteur de mes niaiseries ),
je publie (virtuellement) un recueil de mes poèmes (de façon indéfinitésimalement).
Chemin faisant, j'accepte les fouets publics, les moustiques domestiques, ainsi que tout autre
condiment (in)gérable cru que l'on peut habiller ici ou là-bas (on a tous un endroit X en nous).
Voici donc pour commencer quelques premiers garochages nus:
-1-
Poème pour un robinet
Repose en paix,
Ô toi mon robinet!
Empiffres-toi de ton eau
Fontaine de Jouvece!
Pars naviguer sur les flots
Et que l’on t’offre cette chance,
Car l’eau qui coulera de ta douche
N’y gavera point un tuyau qui se bouche.
Ouvres-toi sur le monde!
Armures-toi des poubelles!
Tu as terminé ta ronde
D’esclave éternel.
Pars affronter, défier les mers
Et y cracher ton océan.
Dis adieu à tes amies les «robinettes»,
Madame Baignoire et Miss Toilette.
Ne regarde point tes arrières,
Prends le volant!
Resèmes tes morceaux,
Recouds tes lambeaux.
Tu ne leur es plus utile,
Pars donc en exil!
Mais moi petit robinet
Je te jure, je te promets
Que je te garderai en mémoire
Dans mon grimoire
Car seul le timbre si criard
De tes poignées si rouillées
Aura marqué mon art
Quiconque te connaissant ne pourrait le nier…
(Je tiens tout de même à préciser ici que le robinet a réellement existé.)
-2-
Le Petit Dessin
Je n’suis qu’un petit dessin
Nourrit à la mine
Et quand je vois des couleurs
Mon cœur part en pleurs
Tu me fais des pieds, des mains
Soudain je m’anime
Tu m’appelles petit bonhomme
Puis tu me crayonnes…
Tout un univers factice
Des oiseaux en silhouettes
Une maison en pain d’épice
Une galaxie riquiqui
Au royaume des petits
Je suis le roi Allumette
Que dans un coin on oublie
Un’ pièce de cass’-tête
Je n’suis qu’un bonhomme
Haut comme trois pommes
Qui gravite dans les airs
D’un monde imaginaire
Je n’suis qu’un bonhomme
Rien qu’un bonhomme
Tout en moi est éphémère
Mon cœur est en pleurs
J’me promène de case en case
Sous des phylactères
À la recherche d’un cousin
Astérix ou Tintin
Mais autour de moi je n’croise
Que des têt’ de cerbères
Alors je fuis ce jardin
De fleurs à dessins
(Oui,) Mon monde n’est qu’une coquille
Vide, vide sans couleurs
(Oh,) Je ne peux rester tranquille
Et me pendre à ce malheur
Car toi la petite girouette
Qui dort sur ta planche, Alouette!
Tu ne m’as pas donné ma chance
Adieu «petit ange»!
Je n’suis qu’un bonhomme
Haut comme trois pommes
Qui danse dans ta tête
Comme une petite marionnette
Je n’suis qu’un bonhomme
Rien qu’un bonhomme
Clôturé dans une serre
Flétri comme une fleur
Il est maintenant le temps
De tourner la page
Je m’en vais! Adieu! Bon vent!
Je quitte cette cage
Je ne suis plus un dessin
Je sors de l’image
Vers d’autres nouveaux destins
Je pars en voyage
Je suis un homme
Haut comme trois pommes
Qui s’est posé sur la Terre
Enfin dans son univers
Je suis un homme
Oui, tout un homme
J’ai découvert la lumière
Je suis en couleur
(Composé avec la participation de Héloïse Brindamour)
J'aime beaucoup, c'est très léger, ça change des naiseries ou des poèmes dépressifs.
Par contre un truc me gêne, les variations de rythmes: les vers sont pas assez régulier ça me fait bizarre.
Oui, en fait, je me suis dit que si je m'exerce à pratiquer à fond la rime, quand j'arriverai au rythme, ça sera plus facile. J'avoue c'est le truc qui m'embête, parce que pour moi de la vraie bonne poésie, ÇA RYTHME!
Quand je les écris, c'est surtout que je le chante dans ma tête style "brassens" avec une musique alors donc... je me contredis en suivant que "la poésie/musique qui marche au pas ça ne me regarde pas".
Prout!
Oui, ben n'est pas peur de dire ce que tu penses Mam'zelle de l'eau-delà. Je prend très bwien les critiques
Ah oui, parenthèses, le petit dessin était dans le cadre d'une chanson à interpréter dans un cours de français.
-3- Petite poussière
Petite poussière
qui plane dans l'air
tu me rends malade
et quand j'éternue
quand je ne sens plus
tu me rends maussade
Petite poussière
qui plane dans l'air
tu me rends minable
à mon nez tu t'agrippes
pour me donner la grippe
pour un cycle interminaaaaa-aaaabl-aaa (aaatchouu!)
-4- Poème sur le thème d'une porte
Y a les grandes portes qui clapotent
celles qui gossent, celles qui tapotent
les portières qui pleurent tout le temps
et y a celles qui claquent au vent
celles qui piaillent, celles qui caquètent
comme ces mesdames castagnettes
celles qui vous grognent, celles qui vous grondent
celles qui vous pincent chaque seconde
Mais tout c'que j'veux c'est ma porte qui grince
celle qui ricane comme un faux violon
chaque fois qu'elle s'ouvre, chaque fois qu'elle grince
mon coeur fredonne cette chanson
Ma porte à moi elle est bien futée
quand vient d'y passer, elle te claque au nez
mais t'as bien beau lui cogner des clous
elle te réplique d'un tour de verrou
Mais je-m'en-foutisme, j'aime ma porte qui grince
quand elle me chante son joli refrain
chaque fois qu'elle s'ouvre, chaque fois qu'elle grince
je craque, je chante son petit refrain
-5-
La coquerelle
Je suis la femme coquerelle
Qui se promène de selle en selle
Quand je tire à la courte paille
Je gagne toujours le trou d'bétails
Je suis l'infâme coquerelle
Qui finit toujours dans la poubelle
Et si les mouches viennent me chercher
Je n'en ferai qu'une bouchée
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