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| Poemes et textes de Zak | |||
| Auteur | Message | ||
• Zak' •
Gné Autorisation : Membre Nb de messages : 962 |
Posté le : Dim 07 Oct 2007, 19:59 | ||
Voilà j'ai depuis à peu près un an un blog dans lequel je poste régulièrement quelques textes de moi. Ca peut très bien être un extrait d'un livre que j'ai en projet (dont le personnage s'appelle Zak, d'où mon pseudo), ou une petite réflexion sur n'importe quel thème, ou un poème, enfin voilà, des écrits quoi. Je m'inspire de l'univers de Tolkien aussi des fois. Je me décide à en poster ici. J'en mets beaucoup, du coup. Bon après il faut voir le travail typographique que j'ai essayé de faire sur les couleurs, l'agencement des phrases tout ça, les images qui vont avec. Si ça vous intéresse, je vous file l'adresse de mon blog, mais j'attends de savoir si j'en ai le droit, sans que ça soit de la pub. Le son d'une contrebasse résonne dans mes oreilles, dans une réminiscence glauque, blues, un artiste promenant ses doigts sur les nerfs de son manche, pinçant les cordes une par une. Triste, lent. Blues. C'est tranquille. Et une rue déserte de New York. Années 50, chapeau de feutre, un vieux pianiste en imper sort du club, jette son mégot, une bouteille de whisky dans la poche, pousse un soupire, range son journal et s'embarque sous les trombes d'eau. Il doit s'appeler Bill, Miles, Oscar. Ou Zak. C'est la nuit, bien sûr. Il a la voix grave et intime, fait rouler les syllabes et parle peu, doucement, comme un sourire et plus rien. Chuchote, comme la cymbale qui donne le pas aux vibrations pinçantes et douçâtres de cette satanée contrebasse. D'humeur jazzy. Mélancolie Blues. Un deuxième : Dans les prémices de la peur. Pas la peur du noir, pas la peur du montre sous le lit. Non... Fasciné par l'horreur ultime, l'abandon, le désespoir, l'horreur. Un cri, un horrible, cruel, sanguinaire cri, empli de désespoir, qui crève les tympans et le coeur en même temps, et tout s'effondre. Les murs, les idées, la perception. Et les verres se brisent et les voix parlent fort, plus fort. Et aigu, plus aigu. Un cri, des rires, d'horribles rires, et la mort partout. C'est l'horreur, l'horreur qui t'envahit, plus fort et plus profond. C'est l'horreur qui vainc, qui tue, qui mortifie tout. Et il n'y a pas de fin. Un troisième : Mais dis donc, mon coeur n'y a t il donc que ça qui aie de la valeur? mon coeur A mon avis ma vie la tienne A la santé de nos pas, nos libertés nos ébats auta i lomë Un quatrième : Je ne peux que constater l'ampleur du désastre, il a conquis la planète, s'attaque bientôt aux astres ! Au logis, l'homme converse des litres de sang éparpillés à sa faveur aussi banale qu'on passe un coup de file au boulot à des heures convenues, travaille ses médicaments : il faut faire perdurer la marmaille... A l'endroit, maille à l'envers, jour après jour et pluie après pluie l'homme tisse sa toile de fond en combler les espaces pour y voyager comme l'air qui passe dans les mailles d'un pull de laine. Plus de haine à gaspiller? Mais qu'en faire... Et damnation, ternie, éternelle. Immortalisons cet implant. Ma mère m'avait prévenu, il faut cultiver son jardin et faire ses devoirs Plus loin Tain Tamarre, marre de cet homme anonyme, humanoïde, l'homme annule tout, air, terre et ciel par le feu, pour ainsi enfin voir sa bonne terre marrie. Joseph, Jésus. Votre cortège a fait plus de morts que l'enterrement prévu. Brève entrevue, sur l'ampleur des dégâts. L'enfer est déjà mort d'avance, je le dis sans peur, sans foi, sans loi. Encore un : Tes désirs font désordre Ils tombent tous en même temps comme une averse et tu veux savourer, toutes les gouttes de pluie.Tu aimes...Tu aimes le désordre, celui de tes désirs, tes désirs déchirés.Tu aimes aussi pleurer doucement dans le creux de l'épaule, évidemment... pas de la tienne.Et puis tu aimes aimer. Découvrir, inventer, te passioner, déguster tes désirs.Et si nous commencions à penser que ce qui te fait n'est pas ce que tu aimes mais ta manière de le faire. Tu aimes trop, de tous côtés. Aimer à gauche à droite et puis aimer les gens. Les prendre en photo, les savourer, leur beauté, goûter leurs moments.Tu aimes et tu refuses ce qui pourrait t'en empêcher. Préjugés, étiquettes. Même les plus ridicules tu plonges dedans pour aimer encore plus.Tu aimes vraiment trop. Tu ne sais plus où donner du coeur.Mais tu continues. Et ça fait désordre. Mais ça aussi, tu aimes. Un autre : A l'ombre des vacarmes Un frémissement quand même Assassin Dernier murmure hurlé Vomi par l'agonie Meurtrière La fanfare de ta vie a raté sa cadence et tes paradis artificiels à la poubelle... Dans tous les sens C'est fini, fini Les souvenirs, et l'avenir, désespoirs du passé et espoirs du futurs, tueries, souks, et débauche Qui nait par les larmes Vivra dans les flammes Et s'éteindra dans une flaque Zak Je continue : Et puis on sera là on sera là ! A se ronger les dents, se branler dans sa crasse Et se plaindre que les gens Le fassent à notre place... Mais les gens c'est qui ! A part le reflet d'nous même Et du mal que l'on sème A prétendre que l'on s'aime... Alors qu'on s'déteste ! Au désespoir des anges Qui osent, qui osent parlaient d'hypocrisie ! A des hypocrites épanouis qui s'refusent à la peste Refusent d'assumer parce que ça les dérange d'oser plaider coupable d'être humain entêté d'être affable d'être aimable Encore un autre : Ils sont arrivés, tous, ils m'ont attaché. J'ai brûlé les liens, et eux aussi, je les ai brûlés, quelque uns qui me plantaient leurs dards d'acier dans le flanc. J'ai fui, fui, de toute ma vitesse et tous plus blonds et valeureux ils ont accouru, et me tiraient dessus pour mieux embrasser leur dulcinée, et hurlaient : "au mal, au mal !" et tiraient, tiraient, car j'étais celui qu'il fallait tuer. Et j'ai craché, craché, pleuré des perles de laves qui leur brûlaient l'orgueil. Ils ont mis leur conscience dans mes yeux et y ont vu le mal, ils ont mis leur avenir dans mes flammes et y ont vu la douleur. Ils m'ont lésé, souffert, tout ce qu'ils pensaient que je les ferais souffrir. Et j'ai fléchi, je suis tombé... là où ma perfidie ne les atteindrait plus et où leurs mensonges sur mes mesquineries deviendraient des histoires pour leurs petits enfants... Et on a adulé leur héros, et les joyaux sur lesquels je dormais ont resplendi dans le lac, et tout Esgaroth a brillé de ce que je lui ai pris et rendu. Ils ont fait des histoires... Et mes larmes ne brûlaient plus. Elles coulaient invisibles... Comme depuis toujours d'ailleurs. Un, extrait de mon histoire de Zak : " Rappelle toi Lewis. Rappelle toi de lui. Parce que d'ici peu, nous l'aurons tué si nous en avons la force, mais lui l'aura, sa dernière force, celle de disparaître. Rappelle toi de lui, mon doux frère. C'était un dandy. Souviens toi son sourire, si absent, si étranger, il ne souriait qu'à lui même ; et sa manière de lever mystérieusement les yeux au ciel lorsqu'on lui demandait qui il était. Il n'était que la pluie ! Et il se regardait là haut. C'était l'élégance même, celle de la vie. Ou celle de la mort? Ce qui est sûr, c'est qu'au fond et malgré tout il était celui qu'on aimerait oser être. Mais il n'était plus personne, peut être? Savait-il seulement. Je ne sais pas trop si il est mort ou s'il est né le jour où il a tué Jacoby. En tout cas ce sont deux vies bien distinctes que l'avant et l'après. Rappelle toi sa manière de ne jamais laisser personne voir ses yeux. Ce culte de son regard jalousement caressé à l'ombre de ce satané chapeau. Souviens toi aussi de ce manteau qui ne laissait rien paraître de lui que le noir de son intérieur. Le blanc ne lui allait pas, il le déguisait. Il nous déguise tous... mais chez lui cela se voyait, car il avait renié le blanc. Avait-il raison? Pour lui... mais pour nous? Pense à lui ainsi et essaie de le haïr mais je crois que finalement je n'y parviens plus. Rappelle toi aussi de Leah. Il l'aimait. Il l'aimait tellement. Sûrement parce qu'il n'avait qu'elle. Pourquoi sinon? Elle lui a tout pris. Sans faire exprès, on ne fait pas exprès de naître, mais quand même... En tout cas je n'oublierai pas l'élégance. Incessante. C'était un dandy. L'éclat de notre ombre à tous. Son geste et sa parole, et sa parure ! Son sourire, c'était un couteau que ce sourire. Ses mots ! Il souffrait? Sait-on s'il souffrait. Que sait-on de lui. Tout ça est tellement fouillis... Lui l'était. On ne saura jamais rien. Que va-t-on tuer? Un homme? Que lui restait il d'humain. Tout ou rien. Il faut quand même le tuer. En suis-je capable? " Un poème : Le voyage Retour au port, retour à moi-même, à ma vie Son ombre minuscule a disparu à l'horizon et me sourit Peut être encore Elle est partie. Je suis d'accord Nous sommes partis. Les liens ont lâché Ou plutôt nous les avons coupés avant qu'ils soient arrachés Et que nous tombions Que nous criions Nous avons décidé d'amerrir Avant de nous écraser Nous échapper Avant de nous détruire Nous avons fait le tour du monde comme promis Du nôtre, de notre esprit Et nous revenons au logis Car après tout... Rien n'est infini A l'enterrement de nos idées On pleure un peu, mais c'est fini, il fallait bien que ça arrive un jour, peut être, on se console. On raconte sa vie, remémore des instants, on s'embrasse, on sourit, on oublie. Essouflée la princesse... Et souffler les chandelles... Pour partir sans se voir souffrir... Dans l'obscurité... Quand les flammèches sont éteintes. Un poème extrait de Zak : Nora ferme les rideaux sur la ville Avant de partir, enfile son châle A quoi pense-t-il Ses yeux se voilent Elle sait qu'il ne veut pas qu'on les voie Mais ne résiste pas au privilège Alors elle s'asseoit Le même manège Répété cent fois Et de son tabouret de bois Nora fait un beau plongeon Sans éclabousser Dans ses fins yeux de jais Où la noirceur côtoie La douceur du coton De ses baisers Tissés sur ses lèvres Il a encore de la fièvre Un poème en prose, de Zak aussi : "Le tambour de ses pas. Il arrive. C'est une atroce et sordide valse, froide et funêbre, que le tapement cadencé de sa béquille et de ses pieds de cachemire sur le plancher. Si doux et si précautionneux Machiavel que cet auguste crapule. Si j'ai encore la force de le haïr... J'en doute maintenant. Il approche encore ! Je l'entends qui me poursuit en marchant, le diable ne se presse pas. Et pourtant je cours, je cours ! Je crois que la sueur ruisselle. Glaciale comme la pluie... Il est derrière moi. Il m'a rattrapé. Par je ne sais quel stratagème. C'est un mage, un monstrueux Curunir qui glisse dans l'air, félin, suave. Je me retourne. Je me suis retourné. Il est là, face à moi. Terrible dans son bel habit bleu, son regard est une lame qui me caresse les yeux. Il est blanc, fantomatique. Cette peur n'est pas un hurlement, c'est un silence, et c'est bien pire ! Un silence plus pesant, plus pesant que tous les vacarmes ! Et en moi elle hurle, hurle de douleur et de rage, elle est là ! Enfermée, emprisonnée, à la merci de tous les maux, sous mon coeur secoué de terribles rugissements ! Et chaque respiration est un supplice, chaque regard une mort, chaque soupir une damnation ! Une horreur qu'il puisse me tendre la main. Une terreur que de voir sourire un pantin. Eh bien, Zacharie? Quelque chose ne va pas?" Un texte inspiré de Tolkien : Il y a un long chemin recouvert de neige... Une neige blanche et scintillante, mais douce et chaude ; elle glisse sur nos pieds nus car une bise la promène. Une légère bise, tendre et tiède, qui nous caresse le visage... On fait quelques pas. Loin, très loin ; on a l'impression que le paysage dérive sous nos yeux merveilleusement vite : comme si à chaque pas, la terre nous transportait, et nos enjambées étaient plus vastes. Sur le bord du chemin de neige, la lueur se perd dans l'obscurité du crépuscule, nos yeux se baladent dans le pays de la Lune, où c'est toujours le soir. Il y a des étoiles par terre, comme autant de petites lucioles endormies sur l'ombre. Parfois, une chandelle, une flammèche éclaire les visages fins de quelques Noldor parlant à la nuit. On est loin, très loin, on a déjà dépassé les salles de l'attente. Mais le chemin continue. Une autre lueur, s'endort sur un voile lointain qu'on avait pas encore remarqué... Ekkaia est là. Elle nous attendait. Son infini océan semble une brume. Anor, à l'horizon, plonge lentement dans ses nuages. Soleil rouge, brûlant, flouqui disparaît au loin. On marche un peu sur la plage. Le sable est incroyablement fin. On marche encore. C'est infini. On est au bout, l'Occident extrême, il n'y a pas d'après. On a tout vu. Et quand tout est fini... La fin est infinie. On marche encore. A quelques enjambées, il y a un ruisseau. Un ruisseau de brume qui déverse ses reflets dans la mer d'argent. On saute par dessus. En tombant dans le sable, on se jette sur le dos. On s'assoupit... En m'endormant j'ai vu une étoile. J'ai appelé : Eärendil ! Elle a glissé sur le ciel. Je me suis lancé à sa poursuite. La plage était infinie. J'ai couru très vite. Chaque foulée était plus longue. Je dévalais de plus en plus vite. Peu à peu, je touchais de moins en moins le sable. Je volais presque, enivré, soûl de vitesse... Et l'étoile jouait aussi, elle parcourait de tous côtés son pays lointain, et brillait toujours. Quand tout à coup, plus de contact. Mes pieds glissèrent. Je ne tombai pas. Je ne sentis plus. Mon corps disparut. Mais j'étais toujours. Et je voyais la fin, et je comprenais tout. Et je la touchais. Et je m'endormais, harassé, dans le Vingilotë, à la fin de toutes les fins. |
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