C'est encore une fiction, n'essayez pas de faire pareil surtout ! Huhu.. ouais je sais c'est un peu glauque. Une précision sur le titre. Il est volontairement en caractères d'imprimerie. Le terme peut être compris en tant que nom commun mais aussi en tant que participe passé
La station de métro paraissait plus sombre que d’habitude. Au bord de la voie, elle sourit. Ses battements de cœur reprenaient un rythme à peu près normal. Elle gardait les yeux rivés vers les rails, un rictus aux lèvres. Elle ne savait même pas pourquoi elle riait, elle ne pouvait pas s’en empêcher. Autour d ‘elle, les gens hurlaient, c’était la panique totale, mais elle les ignorait tous. Au fond de son cœur, elle les haïssait, tous ces gens qui faisaient semblant de vivre, qui se donnaient des allures de gentils…
Peu à peu, des sirènes et des lumières clignotantes inondèrent la pénombre étouffante et malsaine de la station. Des centaines d’hommes et femmes vêtus de rouge, de blanc et de noir défilèrent devant elle pour descendre sur la voie. Ce cortège la fit rire de plus belle. Un homme en noir lui dit de ne plus bouger, de mettre ses mains derrière la nuque. Puis il l’emmena.
***
Les poings liés, elle entra dans un bâtiment tout gris, avec des barreaux aux fenêtres et du grillage partout. A l’intérieur, tous les hommes en uniforme la regardaient comme si elle était folle et dangereuse. Elle était ni l’une, ni l’autre.
On l’enferma dans une pièce toute blanche, avec un lit, un bureau et des chiottes.
Enfermée ???
Elle erra, sans rien à faire. Même pas de clopes, et on ne peut même pas ouvrir les fenêtres !
Elle tambourina à la porte. Un gardien ouvrit le petit battant :
« Qu’est-c’tu veux ? »
« Du papier et un crayon. Et des clopes. Je veux écrire. »
« Pas l’droit d’envoyer d’courrier. C’est interdit. »
« J’veux écrire pour moi. »
« j’vais voir ça. »
Et il partit.
Quelques heures plus tard, il revint.
« Voila, éclate-toi bien ! » se moqua-t-il en lui glissant une liasse de vieilles feuilles et un crayon à papier. Il y avait même des clopes !!
Elle récupéra son butin et s’installa à sa table. Elle alluma une cigarette et aspira une longue bouffée. Ah ! Comme c’était bon !
Elle attrapa le crayon, une feuille de papier et se mit à écrire…
« Je m’appelle Sarah, je suis une meurtrière. J’ai tué mon compagnon de sang froid, et je n’éprouve aucun regret. Cet enfoiré n’a eu que ce qu’il méritait en me prenant pour une idiote et me mentant depuis plusieurs années. Là où il est maintenant, il peut bien regretter ses conneries, mais ça ne fera rien changer. A l’heure qu’il est, les flics doivent encore être en train de ramasser ses bouts de chair sur les rails du métro !!!
Je ne suis pas folle, j’ai agi consciemment. Je cherchais un moyen d’en finir. Et je n’ai trouvé que cette solution… Maintenant, je peux tout vous raconter et mourir tranquille… »
***
Dans le silence de la prison haute sécurité, le gardien Joseph s’ennuyait. Ça faisait des heures qu’il errait dans l’établissement calme et froid.
« Quel métier de merde ! » pestait-il.
Il n’avait pas vraiment choisi ce travail, mais il fallait bien nourrir femme et enfants !
« Ce boulot est sans danger, vous bénéficiez d’équipements fiables, et le bâtiment est bien sécurisé, vous ne craindrez rien ! » lui avait dit Monsieur le Directeur.
« Monsieur le Directeur qui s’est installé dans une villa à vingt kilomètres de la prison !! » grommela Joseph.
Le silence de la prison fut soudainement rompu par un éclat de rire étonnamment bruyant et sonore.
Joseph frissonna. Ce rire était abominable, et il résonnait dans tout le bâtiment. Puis il reprit de plus belle. Il venait de la cellule de la dernière condamnée, c’était sûr !
« J’vous avais prévenu qu’il n’fallait pas l’accepter ici ! Une gamine qui pousse son mec sous le métro, c’est une folle à lier !! Quels cons ! M’en vais aller la calmer, moi !»
D’un geste, il vérifia que son arme était bien dans son étui. Il s’empara du trousseau de clés et se dirigea vers le lieu d’où provenait ce rire horrible.
Lorsqu’il ouvrit le petit volet de la porte, et qu’il regarda à travers, il ne vit personne. L’inquiétude gagna le pauvre gardien. Elle n’avait quand même pas pu s’enfuir, la porte étant fermée à clé, les barreaux de la fenêtre étaient intacts.. Où était-elle donc ?
Non sans crainte, il glissa la clé dans la serrure. Le rire sonnait toujours, mais il était partout dans la prison, léger et volatile.
Il franchit le seuil de la porte et observa la pièce. Enfin il la vit. Elle était là, dans un coin de la pièce, entièrement nue, et elle riait, riait, riait sans plus s’arrêter.
Joseph était immobile. « Il faut que je bouge, que je fasse quelque chose !!!! » se dit –il. Mais son corps refusait d’obéir. Cette jeune fille l’hypnotisait, il ne savait pourquoi. Elle tenait quelque chose à la main, quelque chose de blanc, du tissu …
Dans un mouvement brusque, elle se rua sur lui et lui passa le tissu blanc autour du cou.
« Le drap ! La garce ! Elle veut m’étrangler ! »
La jeune Sarah avait préparé le scénario. Elle avait fait passer le drap autour d’un barreau de son lit en hauteur, et avait fait en sorte de pouvoir, rien qu’en tirant sur le bout de tissu, suspendre son cher ami dans le vide.
Il restait à lui bloquer la main gauche. C’était simple. Elle avait pris le crayon à papier bien taillé, quoique un peu usé par le travail qu’elle avait effectué toute la journée, et elle le planta bien fort dans la main de Joseph qui hurla de douleur.
Avec un sourire, elle fit le tour de la pièce, tenant toujours son bout de drap dans ses mains. Elle s’alluma une cigarette. Puis, elle se retourna.
« Mon cher gardien, j’ai un grand service à vous demander, mais j’avais peur que vous refusiez, alors, j’ai dû imaginer une manière de vous obliger à le faire. Une cigarette ? »
Joseph, focalisé sur la douleur qui provenait de sa main gauche, ne répondit pas. Il bougeait dans tous les sens, sautait sur place en gémissant et en jurant.
« Faites attention à ne pas trop gigoter, je risque de mettre le feu au drap avec ma clope !!! » prévint Sarah avec un sourire.
En ne voyant aucune réponse lui revenir, elle tira un coup bref et sec sur le drap, ce qui eut pour effet de couper la respiration de Joseph pendant une fraction de seconde. Il s’immobilisa, tremblant de fureur.
« Bon, voilà qui est mieux. Nous allons pouvoir parler tous les deux. Vous avez un rêve, vous ? »
Joseph acquiesça.
« J’veux… j’veux qu’ma famille soit heureuse… »
Sarah rit.
« Moi, j’en ai un aussi. Et vous allez m’aider à le réaliser. »
« Si … si tu penses que j’vais t’laisser sortir d’ici……….. »
Sarah éclata de rire.
« Ah ! Ah ! Ah ! Vous pensez que je veux partir de cette prison ? »
« Qu’est-c’que vous voulez, bon sang ? »
« Que vous preniez votre arme dans votre main droite, que vous me visiez en pleine tête. »
Joseph détourna les yeux de sa main ensanglantée et la fixa un instant du regard.
« Vous êtes sûre que vous allez bien ? Vous voulez que j’vous descende ???? »
« Exactement ! »
« Hors de question !! »
Sarah tira un coup sur le drap, resserrant le nœud coulant autour du gardien.
« Prenez votre putain de flingue et tirez moi dans la tête !!! C’est pas si compliqué ! »
Joseph, sur la pointe des pieds, à moitié étranglé, sortit son revolver de son étui. IL était toujours chargé, avec la sécurité. « J’peux quand même pas faire ça !!!! J’suis pas un criminel ! »
La jeune Sarah commençait à perdre patience…
« Bon, j’te laisse encore une dernière chance. Je vais tirer sur ce drap, vous allez être suspendu complètement dans le vide, vous allez vous étouffer, et vous verrez alors si vous voulez vraiment réaliser votre rêve ou non. Car si vous mourrez, vous aurez causé la perte de votre famille chérie tout seul !!! »
Silence.
Sarah se retourna face à la fenêtre. Elle serrait contre elle le manuscrit qu’elle avait mis la journée à créer. Elle admira pour la dernière fois le paysage sombre par la fenêtre. « Monde, je te hais ! »
Puis elle tira avec force la corde de drap.
Joseph hoquetait, sa gorge le chauffait, il n’aurait bientôt plus de respiration. Que faire ? « Je ne suis pas un criminel, je ne suis pas un criminel… » pensait il sans cesse… Sa vue se brouilla. Il vit alors les visages flous de sa famille qui le regardaient tranquillement, le suppliant de faire quelque chose.
Joseph, asphyxié, leva le bras droit vers la gamine, tenta de viser la tête. Il ne voyait plus que la silhouette informe de sa cible.
« Je…. Je ne… suis… pas un…. Criminel ! » Et il tira.
La détonation résonna pendant plusieurs secondes.
Joseph attendait que la corde se desserre enfin pour qu’il puisse respirer, mais la tension se fit plus forte encore. Il ne tiendrait pas. Il avait peut être raté la jeune folle. Maintenant, c’était trop tard.
***
Lorsque l’équipe de relève arriva tôt le matin, elle chercha le gardien Joseph. On le trouva dans la cellule de la nouvelle. Il était pendu, un drap blanc serré autour du cou. A l’autre bout de la pièce, une forme nue gisait par terre, sur le ventre. Elle avait la tête explosée, souillant le sol. Autour de son poignet, elle avait attaché l’autre extrémité du drap. Des feuilles sales et tachées de sang s’échappaient de sous sa poitrine…
C'est surprenant que ce soit passé inaperçu quand tu l'as posté ! J'ai beaucoup aimé en tout cas, pour une fois qu'un UP de boulet sert à quelque chose...
J'aime beaucoup aussi.
Mais pas la fin parce que maintenant j'veux une suite. Elle a écrit quoi sur son bouquin? Et il lui avait fait quoi son copain?
A veux savoir xD
Bah, justement, je n'ai pas détaillé parce que j'ai jamais pensé à ce qu'elle écrivait là dedans...
Mais le mec il le méritait hein huhu
En fait, j'ai écrit ça après une histoire qui m'a traumatisée. Un gars qui m'a raconté des bobards concernant sa santé, des pseudos problèmes très graves et moi je m'inquiétais pour lui à donf... En fait, c'était tout inventé.
Alors ses histoires de stérilité, de défaillances cardiaques ... Ca m'est sorti par les yeux, à ce moment là j'avais envie qu'il meure, de crise cardiaque..
Depuis que j'ai déversé toute ma violence dans cette histoire, je n'ai plus de haine vis à vis de lui.
Mais pour en revenir au sujet, je pensais au début peut être à une histoire de drogue et d'emprise sur l'héroine (la fille, pas la drogue )
mais ça fait plus mystérieux et plus stressant quand on ne sait finalement rien...
A toi d'imaginer les horreurs qu'a pu faire le mec et de te dire qu'il l'avait mérité!
Je me demandais à la fin, comment la jeune fille pourrait lâcher le drap si elle mourrait...
A juste titre, puisqu'elle n'a pas lâché ce misérable bout de drap.
J'aime bien ton écriture, c'est agréable à lire. Même si l'histoire n'est pas "agréable"
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