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A.H
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-Caligula- n/a
Misanthrope Autiste.

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Autorisation : Membre
Nb de messages : 2387
Posté le : Mar 08 Juil 2008, 22:59    

Il ne m'est de souvenirs plus vifs que celui de notre première rencontre, Mademoiselle, ce soir de ce presque automne 1915. Je peignais des arbres qui, dupés par la morne grisaille de ce ciel d'août, croyaient déja voir venir l'automne et se découvraient, impudiques, de leurs feuilles.
Je peignais car telle était ma passion, car telle était ma vocation. Mon unique plaisir était alors de retranscrire mes émotions par le vif de mes coups de crayons et d'y aposer des touches de couleurs, grossières et épaisses pour ne laisser mon âme à vif.
Je peignais alors également l'Allemagne endeuillée, ternie, honteuse.
Votre rire, sorti de nulle part, fit tressaillir tout mon être. Un rire strident et haïssable entre tous, impudique. Un rire comme celui-ci n'avait rien à faire en Allemagne, pas après cette douloureuse défaite.
Vous veniez souvent me voir, m'aviez vous dit, eternelle Demoiselle. Plus agée, moins innocente et plus téméraire que moi.
M'observiez vous vraiment? Ou m'aviez vous encore une fois menti? Une fois de plus, une fois de moins, je n'en suis plus à ça près tellement toute cette histoire est modelée de vos mensonges entièrement ou à demi avoués.
Vous me faisiez peur, vous etiez le vice, le malsain, l'engence non assumée du Malin.

L'hiver, qui apporta votre victoire sur moi, sur ma volonté, sur ma chair, ne fut qu'empreint de nos étreintes dissimulées. Perfide. Perfide que vous étiez, que vous êtes, que vous serez.
Le monde ne sera jamais prêt à acceuillir si terribles moeurs que les votres. Je le sais! Je n'étais pas le premier. Je ne suis
pas le dernier.
De la honte dans le regard de ma mère, regard qui s'attardait dans le mien pour me sonder- et à quoi bon? Puisqu'elle savait.- me fouiller et m'avilir plus encore.
Cependant vous m'aimiez, vous me le repetiez sans cesse et je me grisais de savoir que malgré toutes les conventions défiés, je vous appartenais comme vous m'apparteniez.
Ma foi, c'était vous, ma religion c'était vous. Je me serais converti à la votre si notre amour avait été pur, si vous aviez été chaste et dévote. Combien de fois l'ai-je souhaité?
Des milliers, des millions, que sais-je? Je vous peignais nue, drappée de soie dont n'étaient pourtant pas fait les tissus qui couvraient nos corps la lourde nuit tombée sur Berlin.
Vous n'étiez pas belle, vous étiez de feu et de sang. Vous étiez de glace et de marbre. Comme je vous aime, comme je vous aime, Danièle, vous et vos infidélités.
Vos poses pour d'autres que moi, vos passages en d'autres bras. Comme je vous aime et comme je souffre- comme je pleure- souffrez aussi! Souffrez de me voir souffrir!

Mon père me répétait sans cesse, lorsque j'étais enfant- Que m'avez vous volé mon innocence?- que tout s'accordait aux saisons.
Il avait tort puisque le printemps où tout naît donna lieu au théatre de notre mort en tant qu'amants. Vous vous vouliez plus libre. Mais qui est plus libre qu'une putain?
L'eau est plus facile à retenir entre les mains que vous contre mon coeur. Vous courriez les notables de votre religion, de votre race plutôt. De cette race infâme qui ne vous a forgé que pour m'être arrachée par elle-même.
Comme il est facile de les aimer, eux qui rongent notre société tels des rats en masse dans les égouts. Ils se nourrissent de nos restes et les changent en profit. Qu'importe l'amour quand il y a le profit?
Rien à vos yeux ne vaut de belles toilettes, de la poudre pour vous farder et d'étincellants diamants pour vous parer, futile
condition que celle de la femme. Vous m'aviez échappée. Je n'avais plus un sous et plus de passion, de vocation autre que vous.
Je retournais vous voir au prix de quelques travaux d'achitectures vendus à moindre prix, vétu de loques innomables, comme le pire des frustres.
Je mendiais votre affection, vos caresses et parfois, laissant mon orgueuil de côté, votre corps sous les draps
souillé d'amours monayables. Putain, Putain de mon coeur, Putain de mes tripes.



Et l'été maintenant.


Vous êtes de ces putains royales qui, pétries de bonnes intentions et d'envie d'éviter le funeste et le macabre, font rejaillir le pire dans le coeur des hommes.
De ces Hélène de Troie, Andromaque, Marguerite de Valois, ...
Elles ont toutes voulu aimer et ont déchiré le monde autour d'elles pour ne laisser que de la poussière et des cadavres. Pour des amours désuets, pour des princes, des fantômes, des amants qui une fois les bourses vides ne penseront plus à elles. Elles ont mis nos patries à feu et à sang.


Je vous donnerai un monde à feu et à sang.
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Aldarone Masculin
Marcel Mamour.

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Autorisation : Admin
Nb de messages : 12240
Posté le : Mer 09 Juil 2008, 7:17    

Ah ! Celui là est bien plus lisible que le précédent.

J'aime la chute. (Enfin, pas que d'ailleurs, mais surtout la chute)
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