Petite analyse de la télévision', '2004-10-27 11:44:33', 'Aujourd’hui, on peut s’émerveiller de voir que les gens sortent, remplissent des salles de théâtre, de concert....', 'Ils ont le courage de ré enfiler leurs chaussures, de ressortir, de se trouver une place de parking, au lieu de regarder le JT de 20h.Contrairement aux spectacles vivants, aux concerts, à la lecture, à l’art amateur, la télé ne requiert aucun degré de participation et ne stimule pas l’intelligence du téléspectateur. Il lui faut à peine effleurer du bout des doigts la télécommande. Une fois l’électricité enclenchée, c’est l’hypnose assurée, la lobotomie sans douleur, le lavage de cerveau au plus haut degré.Vous voulez vous informer ? Au JT, un monsieur remercie son gouvernement de n’avoir pas pu empêcher des terroristes de décapiter son fils : aucun commentaire du présentateur. Image récurrente: une femme court dans un parking en se retournant vers un agresseur invisible ; un couteau luit comme un éclair. De quel côté se trouve le spectateur de ce cauchemar : de la victime ou du bourreau ? Les deux sans doute, merci le tube. Le sida, le tabagisme, l’ozone, la vache folle, le maïs transgénique, la légionellose, le chômage, la violence à l’école et j’en passe, tout fait le bonheur de ces terroristes de l’info, de ces reporters sans vergogne qui déshabillent la société. L’espèce en voie de disparition, c’est les meneurs de débats, trop compliqués et trop intelligent pour les pauvres spectateurs.
Vous voulez jouer ? Pas de problème, on s’occupe de vous ! Vous avez le choix : toute l’Europe carbure aux mêmes divertissements. Vous avez le choix entre les gladiateurs du questionnaire à choix multiple qui peuvent gagner des millions, vous faire insulter par une harpie en quête du chaînon manquant, partager votre rythme cardiaque avec des millions de téléspectateurs ou encore (le pire je crois !) faire assaut de culture générale à coup de buzzeur.
Vous voulez vous divertir ? Là encore il n’y a que l’embarra du choix. Le grand confessionnal ? Chacun balance son mal-être, ses phobies, sa mal-bouffe, sa mal-baise, sa malchance. Dans l’œil borgne et indifférent de l’objectif, ça hurle le manque d’amour, la solitude, l’humiliation de n’être rien, un anonyme, ni riche, ni célèbre. Sauf qu’à la télé, pendant quelques minutes…A la bonne et brave image ! Le jeu du massacre ? On déchire allégrement l’invité (si possible une star essayant de refaire son come-back, suite à de gros problème, et c’est encore mieux si c’est des problèmes d’alcool ou de drogue !).Le fossoyeur a des air de gendre idéal, bien peigné et un sourire scotché. Niveau de vulgarité au plus haut ! .Variante européenne de ce show américain : un anonyme annonce à son partenaire qu’il le /la trompe, de préférence avec quelqu’un du même sexe. Sordide ! Les sitcoms ? Complications sentimentales absurdes : les mêmes acteurs à la peau si nettement maquillée sont tantôt mari et femme, amant et maîtresse, on n’y comprend plus rien. Mariés, démariés, remaqués, relookés, de toute façon ils ont tous la même tête, y a que les noms qui changent. En version française, l’ingénieur du son a l’air de s’être endormi sur sa console. Les grandes émissions très médiatisées ? Le but est assez simple : on prend une bonne vingtaine d’anonymes croyant être doués dans quelques domaines que ce soit (chant, danse, théâtre…) et on leur administre un lavage de cerveau en douceur, pour les reformater et les mettre à l’image de rêve. On joue avec leurs sentiments en les enfermant dans une grande maison de luxe, et on les matte 24h/24. Qu’elle est belle notre télévision !
Il y a bien sûr des moment de rémission et de dignité dans cette hystérie générale. Des films magnifiques, des reportages qui n’avilissent ni le sujet ni le téléspectateur, des enquête bouleversante de vérité, tout cela existe. Evidemment, pour les voir, il vous faut vous lever très tôt, vous coucher très tard, ou alors payer des chaînes supplémentaires.
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